Le fait d’être attentif pendant le repas augmente-t-il le plaisir de manger ? Arch et ses collaborateurs, dans le journal Behavior research and Therapy, se sont intéressés à cette question dans une série d’études visant à établir si la Pleine Conscience encourage les gens à s’orienter vers des aliments sains.

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Dans la première étude, 81 étudiants de premier cycle universitaire ont été attribués de manière aléatoire à deux groupes, le premier mangeant en Pleine Conscience et le deuxième mangeant de manière distraite. Les participants dans le groupe mangeant en Pleine Conscience ont reçu l’instruction de manger une série de cinq pépites de chocolat tout en se concentrant sur leur expérience sensorielle. Les participants dans le groupe distrait ont mangé les mêmes pépites de chocolat tout en cherchant des mots dans un jeu de mots cachés. Les participants en Pleine Conscience ont trouvé les pépites de chocolat beaucoup plus appréciables (d de Cohen 0,51) et ont eu un désir marginalement plus grand de manger d’autres pépites de chocolat (d = 0,38), que les mangeurs distraits.

 

 

Dans la deuxième expérience, avec 136 étudiants de premier cycle universitaire, les chercheurs ont répété la première étude en utilisant des raisins au lieu du chocolat. Les mangeurs en Pleine Conscience ont montré une tendance marginalement significative à mieux apprécier les raisins (d = 0,27) et un désir significativement plus grand de manger d’autres raisins (d = 0,39), que les mangeurs distraits.

 

 

Les chercheurs voulaient savoir si les gens qui mangent en Pleine Conscience finissent par consommer plus de calories parce qu’ils apprécient plus le fait de manger, ou moins de calories parce que l’amélioration de leur attention les conduit une meilleure maîtrise de leur comportement. Dans la troisième étude, 102 étudiants de premier cycle ont à nouveau mangé les raisins, mais ils ont été répartis en trois groupes différents : un groupe dans lequel on a demandé aux participants de se focaliser sur leur expérience sensorielle de mangeant en Pleine Conscience, un groupe qui mangeait de manière distraite et devait se focaliser sur un jeu de mots cachés pendant la prise d’aliments, et enfin un groupe de contrôle sans instruction particulière. Les participants mangeant en Pleine Conscience ont encore évalué que les raisins étaient plus appréciables et ont été plus enclins à vouloir en manger d’autres que les participants des deux autres groupes.

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Après avoir mangé les raisins, les participants ont été conduits dans une salle avec des aliments sains (des amandes et des bâtonnets de carotte) et des aliments « malsains » (bonbons, bretzels et chips) et ont dû dire quels aliments ils choisissaient. Après cinq minutes pendant lesquelles les participants pouvaient manger tout ce qu’ils voulaient (phase d’alimentation libre), on leur a ensuite demandé de prendre un échantillon des aliments malsains et d’évaluer leur goût tout en se plaçant dans les mêmes conditions de Pleine Conscience ou de distraction qu’ils étaient pendant qu’ils mangeaient les raisins. Les chercheurs ont mesuré leur apport calorique dans la « phase d’alimentation libre » et dans la « phase d’évaluation du goût ».

Ils n’ont pas noté de différence significative sur l’apport calorique entre les groupes pendant la phase d’alimentation libre. Cependant lors de la phase d’évaluation du goût, les mangeurs en Pleine Conscience ont mangé significativement moins d’aliments malsains et ont eu un apport calorique inférieur en comparaison aux groupes de contrôles : 54 calories de moins que les mangeurs distraits. Les mangeurs du groupe distrait ont consommé 48 % de calories en plus lors de la phase d’évaluation du goût que lors de la phase d’alimentation libre, vraisemblablement parce que le fait d’être distrait par la recherche de mots dans le jeu de mots cachés tout en évaluant les goûts a interféré avec la régulation de la prise d’aliments.

 

 

Ces études suggèrent que le fait de se focaliser sur l’expérience sensorielle de manière attentive, donc dans un état de Pleine Conscience similaire à celui obtenu par une pratique méditative, peut augmenter le plaisir de la prise de nourriture et même aider à réguler le type et la quantité d’aliments consommés.

 

 

Référence : Behav Res Ther. 2016 Apr;79:23-34. doi: 10.1016/j.brat.2016.02.002. Epub 2016 Feb 22. Enjoying food without caloric cost: The impact of brief mindfulness on laboratory eating outcomes. Arch JJ1, Brown KW2, Goodman RJ3, Della Porta MD4, Kiken LG5, Tillman S6. Source : AMRA, 04.15.2016

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